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West Coast Swing – Dance & Shine

En ce numéro estival, nous vous proposons une interview inédite entre les créateurs de TalkMagazine où vous allez découvrir et peut-être partager la passion de notre éditeur, Yves Reynaert, pour le West Coast Swing. Fondateur et professeur, avec sa compagne Céline Gryglewicz, de l’école de danse Swingside, il nous propose de plonger au coeur de cette danse de couple très riche qui mêle les aspects artistique, sportif mais aussi social.

DANCE & SHINE!
Bien installés dans un vieux fauteuil Chesterfield, sur fond de musique blues, Yves Reynaert nous fait vivre et partager sa passion de danseur avec enthousiasme et, petit à petit, nous débouchons sur une réflexion des plus intéressante.

Le West Coast Swing, qu’est-ce que c’est, quels sont les atouts de cette danse ?
Le West Coast Swing (WCS) est une danse de couple qui trouve ses origines à la fin des années 20, dans les danses pratiquées par la communauté d’Harlem (USA). Il réactualise les danses swing comme le rock ou le boogie, en leur offrant un nouveau souffle, un nouveau groove, une modernité. Son plus grand atout est qu’il se danse sur toutes sortes de styles musicaux : jazz, soul, funk, dance, zouk, kizomba, avec une préférence pour le blues, la pop et le RnB. Les sorties musicales se renouvelant en permanence, la danse WCS aussi. L’idée est simple : allumer la radio et pouvoir danser !

De Marvin Gaye, Prince, Ray Charles, Aretha Franklin, Jackson 5, BB King, JamesCotton, Eric Clapton, la Motown, à Jason Derulo, Ed Sheeran, Daft Punk, Kygo, Lady Gaga, The Weeknd ou encore Rihanna, il y a tellement de choix… on ne s’ennuie jamais, la force du West Coast Swing se trouve dans cerenouvellement permanent.

Comment danse-t-on le West Coast Swing ?
D’une manière élégante ! Il y a un aspect « classe » qui ressort directement dans le style West Coast Swing : c’est une danse qui est visuellement gracieuse, avec un côté maîtrisé, tout en mêlant technique, fluidité des mouvements et interprétation musicale. Chaque couple improvise sa propre harmonie autour de codes précis, dans un feeling partagé. Le rôle de l’homme est de mettre sa partenaire en valeur pour qu’elle soit la plus élégante et sensuelle possible. Le but est de réussir à amener l’autre à se prendre au jeu, à travers une connexion physique intuitive, une forme de partage et d’écoute entre danseurs. Une danse entre deux partenaires, c’est comme une conversation avec des questions et des réponses : l’homme lance une action, la femme va y répondre et relancer une idée sous forme de mouvement, chacun réagit et répond en retour.
La conversation est posée mais le rythme varie, ce n’est jamais plat, c’est vivant, comme une conversation passionnée et pleine d’intonation. Un peu d’excitation laisse place à des moments plus posés et calmes, le tout travaillé en fonction de la musique que les deux partenaires sont en train d’interpréter.

Les partenaires sont-ils toujours les mêmes ou pouvez-vous varier ?
Dans la communauté West Coast Swing,accessible à tous, on recherche au maximum l’échange entre danseurs : l’homme reste leader, la femme, follower car la danse est ainsi faite mais on essaye, lors des soirées, des cours ou des stages, de « faire tourner » les danseurs, avec, à la clé, de nouvelles sensations
à chaque échange de partenaire. On privilégie l’échange entre danseurs pour un meilleur apprentissage, car ça leur permet de sortir de leurs acquis et de ne pas accentuer les habitudes et défauts qui seraient propres à un couple de danseurs fixe. Après avoir partagé quelques danses et rencontré chaque danseur, on se retrouve tous autour d’un verre, et on poursuit ces moments conviviaux, c’est un contexte qui est avant tout social.

Au-delà des échanges entre partenaires, ce côté social et convivial du WCS
semble important.

Oui, il est très important. C’est ce que les danseurs étrangers, par exemple, aiment quand ils arrivent chez nous, à Liège où cette convivialité est, disons, naturellement plus « ardente » et festive. Plus qu’ailleurs encore, cette danse est pratiquée et partagée par les femmes, les hommes, les enfants, et même les personnes plus âgées – j’ai pu voir récemment à Paris, lors du prestigieux congrès international (French Open WCS), un homme de plus de 80 ans réaliser une vraie performance lors d’un show. Tout le monde était soufflé, cet homme était épanoui, il a été ovationné. C’était magique de ressentir l’émotion du doyen de l’évènement. Il n’y a pas de limite d’âge ni de genre. On danse avec les jambes, c’est l’aspect physique inhérent à la danse, on danse avec la tête, car on trouve dans le West Coast Swing une série de codes et une forme de rigueur d’apprentissage pour celui qui veut vraiment maîtriser cette danse, mais également avec le coeur, car c’est une danse de partage : c’est tout l’aspect social que ne pourrait éprouver un robot. On en revient à la métaphore de la discussion : si tu n’échanges pas et que tu ne t’investis pas dans une discussion, les gens ne se livrent pas en retour, ne reviennent pas vers toi. Il existe d’ailleurs dans le milieu des compétitions WCS, la catégorie nommée « Jack & Jill », catégorie principale où on vous demande de danser sans connaître, ni la musique, ni le/la partenaire en montant sur la piste. On est donc tout de suite dans l’obligation de créer la connexion et le partage, pour parvenir à une osmose sur la musique : on doit donner l’impression de jouer un mini spectacle qui fonctionne, un ensemble qui plaira au public et au jury.

Dans le WCS, il y a donc les cours et les compétitions ?
Oui, tout à fait. Nous séparons d’une part, la danse sociale et de l’autre, la compétition. On retrouve les mêmes critères dans les deux catégories : l’osmose, la technique, le partage et le feeling. Sauf qu’en compétition, il y a l’objectif supplémentaire de résultat : on danse devant les danseurs professionnels pour se dépasser et grandir en se confrontant aux autres, issus du monde entier. Les codes du West Coast Swing sont institutionnalisés au niveau mondial, et on retrouve des danseurs et des compétitions partout, même si la danse et la fédération est à l’origine américaine. Que ce soit en Asie, en Russie, aux Etats-Unis, en Europe, partout dans le monde, on peut danser avec absolument tout le monde. On a beau ne pas parler la même langue, les échanges sont respectueux et polis : on s’invite d’un geste ou d’un regard, on s’adresse quelques mots en anglais, sans savoir d’où l’autre provient, et l’échange se poursuit sur la piste. Finalement la compétition et la danse sociale ne sont pas si éloignées, on fait connaissance de la même façon, en dansant tout simplement.

Qu’est-ce qu’on pourrait dire aux gens qui se sentent gênés de danser ?
Plus de peur que de mal ! Pour les gens qui commencent à danser, au début de leur apprentissage, il peut persister une forme de timidité lorsqu’il s’agit d’être simplement sur la piste (ils ont l’impression que tout le monde les regarde alors qu’en fait, pas du tout) ou d’inviter d’autres personnes. C’est tout à fait normal. Nous essayons de faire comprendre qu’il faut aller au delà de cette peur et que personne n’est là pour juger ou être jugé. Au fur et à mesure du temps, ça s’estompe, avec plus ou moins de facilité selon les personnes. Nous avons d’ailleurs observés que la personnalité de l’individu ressort dans le style du danseur : on peut presque deviner, de par la danse, certains traits de personnalité : si la personne est excentrique, la danse sera dynamique, si la personne est réservée, la danse sera plus timide, si la personne est posée, il y a un aspect classe qui ressort visuellement. L’intérêt étant qu’au fur et à mesure de l’apprentissage, on puisse trouver, sur les codes communs au WCS, son style propre, sa personnalité de danseur, et se sentir plus épanoui : quelqu’un de plus excentrique va apprendre à se contrôler, car il est en confiance dans sa tête mais va devoir gérer son corps et quelqu’un de plus timide va s’affirmer au fur et à mesure car, de par les progrès de son corps, il va prendre confiance, dans sa tête.

Et chez les enfants, comment ça se passe ?
Un enfant, c’est étonnant et fantastique : il ne se pose pas de question, il danse, il fonce et va à l’essentiel en toute simplicité, en toute naïveté. L’adulte arrive avec ses acquis et aurait tout à gagner à retrouver une forme de naïveté pour se laisser aller à s’exprimer. L’expression corporelle sur base de codes techniques, c’est le coeur de la danse, mais tout danseur a besoin de contrôle sur son corps pour retrouver une forme de simplicité dans son expression corporelle : c’est difficile de ne pas se poser de question, il faut arriver à rendre les mouvements naturels. Et surtout, se dire que l’attention et le regard des autres, s’ils sont focalisés sur soi, ce sera pour partager de l’expérience par la suite. Les gens qui dansent le mieux vont conseiller et aider les plus débutants lorsqu’ils dansent ensemble.

Un mot sur l’école Swingside et son apprentissage ?
L’école Swingside est caractérisée par toutes ces valeurs qui viennent d’être exprimées : le partage, le feeling, l’apprentissage de la danse mais aussi de soi, le côté social, qui va au-delà du simple apprentissage technique. Ce sont des valeurs positives qui permettent de s’amuser et s’épanouir en apprenant, tout en faisant du sport en n’en ayant pas l’impression. Le West Coast Swing, avec Swingside, n’est pas compliqué mais il demande une certaine exigence : être volontaire, présent, avec une envie d’évoluer, de se remettre en question, selon un rythme et une méthode de cours mise en place par les professeurs et adaptés en fonction du groupe et des personnes. Les professeurs sont là pour conseiller, inspirer, trouver les solutions là où ça coince, dans une vraie proximité avec les élèves : professeur et élève sont souvent amenés à danser ensemble, à nouveau dans une logique de plaisir et d’évolution. On est vraiment dans cette notion de partage non stop, dans tous les évènements, dans tous les moments
de danse ici à Liège comme ailleurs.

Quels sont vos prochains évènements ?
Prochainement, Swingside prend part à l’International flashmob West Coast Swing 2017. Le principe est simple : un maximum de danseurs se prêtent au jeu afin de promouvoir le WCS à travers une même musique, une même chorégraphie, le même jour, dans le monde entier. L’année dernière c’était 6000 danseurs, 39 pays, 240 villes participantes. C’est juste fou ! Nous l’organisons à nouveau – pour la quatrième fois – à Liège, au centre ville, le samedi 2 septembre vers 15h.

Il y aura également deux portes ouvertes où tous les curieux, tous les amoureux de la danse, toutes personnes qui ont envie de découvrir cette communauté, pourront s’initier gratuitement au West Coast Swing, dans les locaux de notre partenaire, l’école Dance4You, pendant un cours d’une heure. On vous donne rendez-vous les dimanches 30 juillet et 27 août prochains.

Concernant les cours réguliers durant l’année, Swingside propose trois niveaux de cours – dont un niveau débutant –, tous les jeudis soir à partir du 8 septembre, date de notre grande rentrée 2017/18. Si on résume, Swingside, ce sont plus de trente semaines de cours réguliers sur l’année, une soirée par mois ouverte à tous et 100% West Coast Swing pour pratiquer et découvrir la danse. C’est aussi l’organisation de l’International Flashmob WCS à Liège et la tenue d’un évènement annuel international, toujours à Liège : le Swingside Invitational, où des professeurs de renommée mondiale sont invités un week-end entier (cette année à l’occasion du week-end d’Halloween – du 27 au 29 octobre), à dispenser des workshops, partager leur passion et leur expérience avec la communauté, tout en nous éblouissant avec des shows et des improvisations extraordinaires, le tout en trois soirées.
On n’attend plus que vous !

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